Mardi 23 juin 2009
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« A » rouge, accroche-cœur incandescent entortillé aux pals des chaires de l’Enfer
Eros meurtri par les doigts turpides de Thanatos, incarnat pulvérisé en son lit d’agonie,
Maladives corolles, fleurs malignes corrompues par les crachats de paludéennes cachexies,
« A » l’échafaud, costumé de sanguines résilles, bourreau broyant de pâles chairs entre ses fers.
« E », blanc écran, reposoir immobile d’ombres serpentines, neiges de l’Un éternel,
Je te veux multiplier, démanteler dans la perverse transparence de barbarismes prismoïdes
Tremblant spectre de vestales ingénues, mes Muses expirent en ton linceul tissé de vide
Pagination d’informes vertiges, vestige corallien, ossuaire ignoré d’antiques citadelles.
« I » orangé, vespéral soleil d’été crevant sa bulle de lumière à l’aiguille d’un pylône
Oraisons charnelles rêvées à travers le vitrail des océans aveuglés de crépuscule
« I » du désir, jailli d’un brasier mangeur de ténèbres, fanal de Saint-Jean sur sa canule
Déraison raffinée au blutoir de l’orgasme, torpeurs apaisées aux langueurs de l’automne.
« O » anthracite, révolutions d’astres révulsés, comètes sans tête, cosmos délétères
Qui tournoient en nébulant dans leurs cendres, accroc du néant sur la toile de l’être homogène
Orifice en orbite dans les grisailles pornographiques, sel métallique rongeant les corps allogènes
Halogénés par l’oubli ; argent-mercure oxydé sur l’ « O » monolithe gris-de-vert
« U » d’émeraude, calice urcéolé, sinople débordant du blason des ramures, gésine des lunaisons
Echo de phosphoriques ondes lacustres. Reposez, eaux sereines, au creux de vos coupes de mystère.
Le sortilège des vertes vapeurs transmuteront vos U-topos ennuagés en d’impalpables éthers
« U » glauque des cadavres pourrissant ; « U » de l’insouciante parure des luxuriantes frondaisons
Par Léna Eyl
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Publié dans : Petits exercices de style
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