Partager l'article ! L'écume de la Saint Martin: Une écume blanche bat, morose, au roc froid de ton âme, Halo moussant de neige, apothéose d’u ...
Une écume blanche bat, morose, au roc froid de ton âme,
Halo moussant de neige, apothéose d’un solstice rutilant de glace,
Lorsque les tisons mourants n’ont plus qu’une poignée de cendres à offrir à ta carcasse
Nulle caresse, nul âtre chaud, seulement la geôle de ta solitude infâme.
Que viennent les équinoxes d’espérance revêtir tes frimas esseulés
Redorer les pâtures du verger d’éternité maculés des crachats du néant.
Au calice de ta naissance, bois le poison de la vie dans les feux de Saint Jean
Reçois la païenne eucharistie de fragrances charnelles renouvelées
Puis tu ouvriras tes sens aux vagues estivales, humectant leur sable d’azur
D’ondes de chaleur délectables, picots éphémères couturant les traitres sillons
De la dune. Aux amours passagères sonnant de la détresse le carillon,
Des lointains souvenirs d’errance, feras don d’une tendre parure.
Alors flamboyant, ton automne à moi seule s’offrira, blême brouillard sanguin
Diadème d’oxymores oxydé s’échevelant au plus fort de tempêtes ventilant leurs couleurs
Par-delà la chape ondoyante des forêts repeignant notre indolence en nouvelle vigueur
Amoureux saltimbanques, nous brûlerons la bûche des remords aux flammes de la Saint Martin.